Août 2018

« Nabot , tu en es où de l’exploration des galeries du secteur F32 ? »
« Lieutenant colonel, je vous ai déjà dit de ne pas m’appeler comme ainsi. Cela affectent fortement mes circuits intuitifs et je ne peux plus effectuer correctement mon travail. « Trés bien très bien Nab.. , NAIN 33 (Navigateur Autonome Intuitif , série N), je m’en souviendrais »
« Merci lieutenant colonel. Et pour répondre à votre question, les TROLS (Terrassiers Robots Outillage Lourd, série S) que j’ai envoyés pour élargir et fortifier les dernières galeries que j’ai cartographié auront fini dans trois cycles. D’ici là je laisse mes circuits intuitifs s’imprégner des plans et des informations que nous avons sur le secteur F32. Je sens que nous sommes prêt d’une découverte lieutenant colonel »
« Très bien, informe moi quand les TROLS auront fini et quand tu pourras continuer l’exploration, l’état major me demande d’augmenter la cadence, nous allons recevoir deux nouveaux NAIN pour démarrer les secteurs F45 et F57 pendant que tu finiras F32. »
« Je doute que le travail soit aussi bien fait que si je m’en occupais moi. Je vous recontacte lorsque je débuterais ma mission d’exploration. »

Sur ces mots, la communication se coupa. NAIN 33, une espèce de grosse araignée de métal pourvu de capteurs de visions sur la totalité de son gros corps ronds replia ses pattes, ferma ses capteurs et se plongea dans la préparation de sa prochaine mission.

Le lieutenant colonel Jétovi lui, retira son casque de communication et s’accorda quelques étirements. Il n’aimait décidément pas trop les NAIN. Il était étrange d’interagir avec des intelligence artificielle quand celles-ci singeaient autant les humains. Nain 33 par exemple, on aurait tout à fait pu croire parler avec un pet-sec sans humour et imbue de lui même. Mais non, ce n’était qu’une grosse araignée de métal qui détestait qu’on lui donne des surnoms. Quel dommage que les facultés d’intuition ne puissent pas apparaître sans une modélisation des émotions. Cela aurait rendu son travail de coordination des NAIN bien plus facile.

Il fallait tout de même qu’il informe l’état major que NAIN 33 avait le pressentiment d’une découverte importante. Jusqu’à présent ce robot avait les meilleurs résultats en intuition depuis de très très longues années. Peut-être que d’ici quelques cycles, NAIN 33 aurait découvert un gisement de métaux précieux et un chemin sur pour y arriver. Et avec la prime que les coordinateurs touchaient dans ce cas là, le lieutenant colonel Jétovi espérait bien pouvoir quitter à jamais cette station de minage enfoncée bien trop profond à son goût dans l’enveloppe d’une bien trop grosse planète.

« Nain 33 tout va bien ? Je n’ai plus d’information de ta part depuis 20 Tic ? »
Le robot coupa avec énervement la communication. IL n’avait pas le temps de perdre du temps à informer son idiot de coordinateur. Il courait de toute la vitesse que lui permettait ses huit pattes métalliques. Son sens de l’intuition lui chauffait les circuits à blanc.
Il savait que sa plus grande découverte était toute proche.
Que cette découverte bouleverserait tout.
Son intuition submergeait tout.

Il fallait qu’il trouve.

Le lieutenant colonel Jétovi était paniqué. Il avait déjà entendu parler de ce que l’on appelait la folie de l’intuition. Parfois les NAIN devenaient obsessionnels et perdait tout contrôle. Cela n’arrivait jamais. Enfin presque jamais d’après ce qui se racontaient entre coordinateur. Il avait toujours cru que ce n’était que des racontars. Des histoires à dormir debout pour faire peur aux bleus. Il relança la communication.

« Nain 33, tu es sorti du secteur F32. Tu es bien trop profonds. Il n’est pas prévu d’aller exploiter de gisement aussi profond, il y a trop de pression, tu te met toi même en danger, rev... »
La communication fut à nouveau coupé et cette fois de manière définitive. L’une des pinces du robot avait en effet coupé l’antenne servant aux communications sonores avec la base.

Le lieutenant colonel ne pouvait plus rien faire. Les NAIN étaient des robots autonome il n’y avait pas de système de contrôle à distance de mis en place sur eux. Avec l’antenne de communication normale coupée, il ne restait plus que le retour des capteurs visuels au lieutenant colonel pour être informé de la situation. Il vérifia que les enregistreurs tournaient bien depuis le début de la mission du robot. Oui, tout était enregistré. Ses supérieurs allaient forcément vouloir tout lui mettre sur le dos.

Il n’y avait plus rien à faire. Il envoya rapidement un premier message pour indiquer que NAIN 33 semblait souffrir de folie de l’intuition et puis il fit la seule chose qu’il pouvait faire. Il regarda le retour caméra de Nain 33.

Celui-ci s’était enfoncé d’encore 2 ou 3 secteurs de profondeur. Il n’était pas prévu d’explorer si profond avant 300 ou 400 ans. Étrangement les galeries que le robot empruntait ne rétrécissait pas, c’était même le contraire. Cette plongée sans fin était de plus en plus hypnotique. Le lieutenant colonel se pencha vers son écran pour mieux voir, lui aussi ressentait la fièvre de 33, lui aussi voulait savoir ce qu’il y avait là au fond, tout au fond.

Nain 33 sentait qu’il se rapprochait. Son intuition avait tout noyé. Il ne prêtait plus attention à rien, il plongeait, profond, toujours plus profond. Évitant les culs de sac, les galeries qui n’attendaient qu’un souffle pour s’effondrer, choisissant toujours le bon chemin, la bonne direction.

Le lieutenant colonel ne cillait plus, envoûte par l’écran, par les images qui lui provenaient de si profond qu’il avait arrêté de regarder les chiffres que lui donnait les instruments. Et puis, il vit la porte. Une grande porte de roche, au fond d’une immense caverne. Il sut alors au fond de lui que le robot ne devait pas l’ouvrir. Pris d’une terreur aussi intense que l’excitation qu’il avait ressenti à peine quelque secondes plus tôt, il essaya d’armer l’autodestruction du robot, de lui interdire d’ouvrir, il hurla de terreur dans son micro.

Mais NAIN 33 continua à avancer.

Comme le robot s’approchait de la porte, Jétovi vit qu’il y avait comme un clavier, au centre de celle-ci. « Cela doit être une serrure, il doit y avoir un code, jamais il ne le trouvera, nous somme sauvés » pensa le soldat. Sans même savoir pourquoi il pensait cela.

Mais le robot arriva sur la porte et la totalité de ses circuits saturé d’intuition, il tapa le code, sans se tromper, sans avoir besoin d’essayer plusieurs fois.

Ce fut d’ailleurs sa dernière action. Ses circuits intuitifs, en surchauffe depuis bien trop longtemps, fondirent totalement lorsqu’il appuya sur la dernières touches du clavier de pierre et il tomba comme une pierre, ses processeurs de contrôle autonome définitivement hors services.

Seul Jétovi, à travers le flux de secours des caméra de NAIN 33 fut le témoin de la suite. Seul lui, blanc de terreur vit la porte s’ouvrir lentement tandis que des tentacules verts constitués d’horreur brute poussaient pour accélérer leur libération.

La porte bientôt fut ouverte.
Et l’horreur s’en libéra.
Jétovi vérifia que la totalité de la vidéo avait bien été enregistré et lança l’envoi vers le quartier général de ses supérieurs.
Il y a ajouta un message : « Nous sommes perdus ».

Et alors qu’il sentait dans son âme l’horreur verte qui montait à toute allure vers lui et la station, il pris le pistolet laser qui se trouvait à sa ceinture, le mis dans sa bouche et tout en pleurant sur le sort de l’humanité, appuya sur la gâchette.

Les dés utilisés

J'ai utilisé pas les dés :

  • le nain
  • les tentacules s'échappant de la porte
  • l'araignée

L'inspiration

Quand j'ai vu le nain et les tentacules, j'ai tout de suite pensé à la Moira et aux nains de Tolkien qui creusent trop profond et qui libérent des choses qu'il ne faut pas libérer.

Mais je n'avais pas envie de partir sur une histoire d'héroic fantasy classique. Je voulais partir sur une histoire dans l'espace. Le plus difficile fut de trouver un acronyme plausible pour NAIN. et ensuite je me suis pris au jeu en rajoutrant TROLS :)

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